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Marketing 3.0

Le marketing 3.0 est axé sur les valeurs et sur la quête de sens

Après le marketing 1.0, centré sur le produit, et le marketing 2.0, centré sur le client, le marketing 3.0 appelle à une approche plus humaine. Le marketeur qui l’adopte tient compte des besoins profonds du consommateur en matière de justice sociale, économique et environnementale. Serez-vous à même de répondre aux attentes de la société d’aujourd’hui ?

Le marketing 3.0 est un mélange de marketing émotionnel et de marketing de la conscience humaine. Les entreprises qui le pratiquent apportent des réponses et de l’espoir aux consommateurs.

D’où vient cet engouement pour l’engagement ? La mondialisation a engendré une certaine pression, chez les individus, les poussant à devenir à la fois des citoyens du monde et des citoyens locaux.

Cela peut mener à des prises de conscience concernant :

– la pauvreté ;

– la lutte contre l’injustice ;

– le développement durable ;

– la responsabilité vis-à-vis de la communauté ;

– les actions caritatives.

Le marketing 3.0 appelle aussi à un marketing culturel. En effet, la montée de la société créatrice est un élément important à prendre en compte. Ses membres sont des libres penseurs qui travaillent dans les domaines de la science, de l’art ou des services aux professionnels.

Ainsi, le rôle des créatifs dans la société est de plus en plus indispensable. Ce sont des consommateurs impliqués qui utilisent largement les réseaux sociaux.

Une société avancée et créative considère que l’être humain est capable d’accomplissement personnel au-delà de ses besoins primaires de survie. Les scientifiques et les artistes abandonnent souvent le confort matériel pour chercher cet accomplissement personnel.

L’apparition de cette société créative a modifié la manière dont les êtres humains perçoivent leurs besoins et leurs désirs. La quête de sens s’est substituée aux besoins physiologiques en tant que besoins primordiaux.

Délivrer du sens doit devenir une proposition essentielle du marketing 3.0. De quelle manière intégrer ces nouvelles valeurs dans vos modèles d’affaires ? En réfléchissant à votre accomplissement personnel au-delà des objectifs matériels. En comprenant ce que vous êtes et la raison pour laquelle vous êtes dans les affaires. Concevez un marketing à visage humain, en quête de sens.

 

Utilisez les réseaux sociaux pour mettre en place un marketing transversal collaboratif

Les progrès technologiques ont guidé et bouleversé le comportement des consommateurs. La technologie de l’information permet désormais la connectivité et l’interactivité entre les individus et les groupes.

Les consommateurs ne sont plus des isolés, ils sont reliés les uns aux autres. Les entreprises vont devoir s’adapter à cette nouvelle conjoncture et mettre en place un marketing collaboratif. Le consommateur a désormais un rôle actif ; parviendrez-vous à tirer profit de ce nouvel acteur du marketing ?

Les médias sociaux jouent un rôle considérable dans le processus de marketing. Ils se divisent en deux grandes catégories :

– les médias sociaux d’expression (Twitter, Facebook, YouTube). Grâce à eux, les consommateurs sont en mesure de s’influencer les uns les autres, en exprimant leurs opinions et leurs expériences ;

– les médias sociaux de collaboration (Wikipédia, Rotten Tomatoes). Depuis l’apparition des logiciels libres et le développement collaboratif, les marketeurs sont en concurrence avec le pouvoir collectif des consommateurs : ils n’ont plus le contrôle total des marques.

Le marché dans lequel le marketing évolue inspire de moins en moins confiance aux consommateurs. C’est pourquoi, depuis l’essor des réseaux sociaux, les relations transversales, d’égal à égal, sont privilégiées : les consommateurs se font plus confiance entre eux qu’aux entreprises.

Selon un sondage, 90% des consommateurs font confiance aux recommandations de personnes qu’ils connaissent et 70% aux opinions des clients mises en ligne. Ce faisant, la conversation devient un nouveau canal publicitaire.

Par exemple, sur Amazon, les lecteurs prennent l’habitude d’écrire des critiques de livres et de les recommander à d’autres. Sur eBay, les acheteurs et les vendeurs notent les internautes et commentent leur réputation.

Il est donc essentiel que le marketing se modifie pour regagner la confiance du consommateur. Le principe de cocréation est un moyen de développer un marketing collaboratif, en adoptant un modèle de plateforme qui invitera le consommateur à s’exprimer et à influencer la marque.

En résumé, la réussite en affaires exige le soutien des communautés qui ont émergé à l’apparition des médias sociaux. Le concept de communautarisation, permis par la mise en réseau des consommateurs, a créé la notion de tribalisme. Comment suivre cette tendance et en tirer profit ? En aidant vos consommateurs à se connecter les uns aux autres au sein de votre communauté.

 

Adressez-vous au consommateur en tant qu’être humain et répondez à ses attentes à la fois rationnelles et émotionnelles

En accord avec la nouvelle approche transversale de l’entreprise vers les consommateurs, les marques se doivent de refléter leur identité de manière authentique sur les réseaux sociaux. Dans cette nouvelle société, perdre sa crédibilité en tant que marque revient à perdre l’ensemble de son réseau d’acheteurs potentiels. Comment mettre en place ce marketing ouvert et humain ?

Avec le marketing 3.0, il faut cibler non seulement l’esprit du consommateur, mais aussi son cœur. C’est le concept de marketing émotionnel, qui vise à toucher la sensibilité du consommateur.

Plusieurs grandes marques ont utilisé le marketing émotionnel :

– Starbucks se présente comme “le troisième lieu où l’on boit du café” ;

– Virgin est un “acteur de pratiques marketing non conventionnelles” ;

– Apple se définit comme “utilisateur d’imagination créatrice”.

Pour qu’il soit efficace, le marketing doit s’articuler comme un triangle équilibré qui intègre les 3I :

– identité de la marque. Elle représente le positionnement de la marque dans l’esprit des consommateurs. Elle doit répondre à ses attentes rationnelles et à ses désirs. Soyez crédible et tenez vos promesses pour que le consommateur fasse confiance à la marque ;

 intégrité de la marque. La différenciation est ce qui la reflète le mieux. Elle concerne essentiellement la performance et la satisfaction promises aux clients ;

– image de marque. Elle vise à pénétrer les émotions et à répondre aux besoins du consommateur sur le plan émotionnel.

Le modèle des 3I est particulièrement bien adapté au marketing dans les médias sociaux, où le bouche-à-oreille peut devenir le nouveau support publicitaire.

Timberland est un bon exemple de marque solide et intègre. L’entreprise de chaussures et de vêtements se différencie par un programme d’engagement citoyen. Cette différenciation a fait ses preuves et résiste à l’épreuve du temps.

En résumé, le marketing 3.0 fait entrer l’entreprise dans l’ère de la communication transversale. Le contrôle hiérarchique et vertical ne fonctionne plus, seules l’honnêteté, l’originalité et l’authenticité trouvent leur place.

Sur les réseaux sociaux, votre entreprise sera évaluée sur la base des expériences de votre communauté. Une expérience négative peut suffire à détruire l’intégrité et l’image de la marque au sein de la population. Prenez garde, donc, à toujours bien canaliser vos communautés.

 

Définissez la mission et la vision de votre entreprise, en gardant à l’esprit les attentes des consommateurs

Les entreprises qui ont l’intention de devenir des référents doivent se différencier en partageant le même idéal que les consommateurs. Pour cela, vous devez vous concentrer sur la mission, la vision et les valeurs que vous cherchez à véhiculer. Quels sont les outils à utiliser pour attirer l’attention des consommateurs ?

Le parrainage

Certaines entreprises se différencient en parrainant une initiative sociale ou environnementale. Selon une étude IPSOS, en 2011, 15 770 entreprises ont mené des actions dans trois secteurs prioritaires :

– le social et l’humanitaire ;

– le sport ;

– l’éducation.

Le parrainage reste cependant un système difficile à intégrer au cœur d’une entreprise. Celle-ci connaîtra des difficultés à maintenir ses engagements, surtout en période économique difficile.

La mission et la vision d’une entreprise

Votre mission doit refléter l’objectif de votre entreprise et vous devez être à même de préciser votre vision d’avenir, ce que vous aspirez à devenir et à réaliser.

Par exemple, l’entreprise SC Johnson & Son satisfait les consommateurs en répondant à leur volonté d’aider l’environnement. Elle inspire également la sympathie grâce à des pratiques qui visent les plus démunis.

Lorsque la mission d’une marque est implantée avec succès dans le cœur et l’esprit des consommateurs, la marque devient leur propriété.

Par exemple, Coca-Cola est un symbole du bonheur américain, et les consommateurs croient fermement en sa mission. Le lien formé entre les consommateurs et la marque est si fort que lorsque la nouvelle marque New Coke a tenté de s’implanter en 1985, elle a été très mal accueillie et a été retirée du marché.

En résumé, le marketing ne doit plus se limiter à la vente ou à l’utilisation des outils pour générer de la demande. Il doit être perçu par l’entreprise comme l’assurance de restaurer la confiance des consommateurs. Pour cela, une nouvelle perspective commerciale doit être instaurée pour transformer la vie des consommateurs.

 

Inventez une histoire pour votre entreprise et votre marque, propre à mobiliser les consommateurs

La mission d’une marque n’est pas toujours facile à concevoir, surtout si elle doit être novatrice. Il vous faut trouver une idée d’entreprise originale, et cela avant qu’elle ne soit connue et utilisée par d’autres. Comment introduire efficacement l’idée sur laquelle repose votre entreprise, et mobiliser les consommateurs autour de votre marque ?

L’idée de départ

Les idées les plus géniales ont été introduites par des dirigeants visionnaires et charismatiques. Ils ne sont pas nécessairement des innovateurs, mais ce sont eux qui ont le mieux traduit l’idée originale pour qu’elle mobilise les consommateurs :

– Steve Jobs pour Apple ;

– Jeff Bezos pour Amazon ;

– Larry Page et Sergey Brin pour Google ;

– Mark Zuckerberg pour Facebook.

Aussi, pour prouver votre authenticité, soyez prêt à placer la réussite financière en seconde position, derrière votre mission. Amazon n’a engrangé son premier bénéfice qu’en 2001, après sept ans d’existence.

L’histoire mobilisatrice

Toute entreprise a besoin d’avoir une belle histoire. Celle-ci permet de communiquer ses valeurs et sa culture aux collaborateurs et aux clients.

Lorsqu’il introduisait un nouveau produit, avant même de présenter ses caractéristiques et ses spécificités, Steve Jobs commençait toujours par raconter une histoire. Grâce à ses récits fascinants, il a transformé le monde de l’informatique, de la musique et de la téléphonie.

Pour Douglas B. Holt, auteur de “How Brands Become Icons”, l’histoire d’une marque doit nécessairement comporter trois éléments principaux :

– une personnalité. Celle-ci doit être pertinente et symbolique (Disney est le symbole des idéaux familiaux, Wikipédia de l’approche collaborative, eBay de la gouvernance par l’utilisateur, etc.) ;

– une intrigue. Celle-ci doit être captivante et comprendre un défi, une connexion et de la créativité ;

– une métaphore. Elle augmente la pertinence de l’histoire et sa crédibilité auprès des consommateurs.

En résumé, l’histoire d’une marque est ce qui fidélisera le consommateur et fera d’elle un symbole. Trouver la mission d’une entreprise est le premier objectif à atteindre, la performance financière suivra.

Comment convaincre les consommateurs que les histoires que vous diffusez sont authentiques ? En les invitant à dialoguer avec votre marque. Impliquez vos clients dans l’accomplissement de votre mission.

 

Vos collaborateurs et vos employés doivent être inclus dans les valeurs de l’entreprise

Certains collaborateurs ignorent les valeurs de leur entreprise, ou pensent qu’elles ne servent qu’aux relations publiques. Ils doivent être responsabilisés par d’authentiques valeurs. Les valeurs dans l’entreprise permettent de favoriser la rentabilité, les bénéfices et de l’inscrire dans un développement à long terme. Comment convaincre vos employés que vos valeurs sont à prendre au sérieux ?

Selon Patrick M. Lencioni, auteur d’ouvrages sur la gestion d’entreprise, il existe quatre types de valeurs d’entreprise :

– les règles de conduite destinées aux travailleurs ;

– les valeurs d’ambition ou les valeurs que l’entreprise souhaite s’approprier ;

 les valeurs accidentelles qui résultent de la mise en commun des traits de personnalité des membres du personnel ;

– les valeurs fondamentales qui constituent la véritable culture d’entreprise guidant les actions du personnel.

Une entreprise qui promeut des valeurs de collaboration encourage les membres de son personnel à travailler ensemble et avec des réseaux extérieurs.

Par exemple, dans l’entreprise Cisco, la prise de décision est répartie entre ses 500 cadres dispersés à travers le monde. Les valeurs de Cisco sont à la fois la collaboration et la transformation culturelle, par la connexion de personnes dans le monde.

Une entreprise porteuse de valeurs authentiques dispose d’un avantage vis-à-vis de la recherche de talents, à la fois pour attirer un meilleur personnel et pour le conserver. La productivité des collaborateurs est aussi plus élevée quand ils disposent de valeurs positives pour guider leurs actions.

Ainsi, les nouveaux diplômés sont souvent des idéalistes. 50% des diplômés de MBA déclarent être prêts à accepter une réduction de salaire pour travailler dans une entreprise socialement responsable.

Un exemple d’entreprise responsable est Bagel Works, dont deux des valeurs fondamentales sont la santé et la sécurité. Elle achète des sacs de farine plus petits pour éviter des maux de dos aux collaborateurs chargés du transport, et cela même si l’achat d’emballages à volume réduit est plus cher.

De fait, le rôle des dirigeants est de susciter l’initiative, car ils ne doivent pas nécessairement être les seuls décisionnaires. Des entreprises comme Cisco ou Whole Foods pratiquent la démocratie collaborative, où les employés ont la possibilité de participer à l’avenir de l’entreprise à travers des prises de décision et des votes.

De telles entreprises deviennent de véritables communautés, où les décisions sont prises d’un commun accord pour faire progresser les intérêts communs des membres.

En résumé, avec le marketing 3.0, la culture d’entreprise est une question d’intégrité. Assurez-vous de la cohérence entre les valeurs partagées et le comportement collectif de vos employés. C’est ainsi que vous vous démarquerez de la concurrence sur le marché du recrutement de jeunes talents, en renforçant leur productivité et leurs interactions avec les consommateurs.

 

Sélectionner des partenaires en adéquation avec vos valeurs

Vos partenaires sont les entreprises, les consommateurs et les travailleurs. Vous devez garder à l’esprit que ces partenaires constitueront une interface entre vos clients et vous. Assurez-vous qu’ils reflètent le mieux possible votre but, votre identité et vos valeurs. Vos partenaires ont-ils été sélectionnés de manière appropriée ? Renvoient-ils une image qui vous correspond ?

Trois facteurs clés déterminent le succès d’un partenariat :

– instaurer une relation d’égal à égal, équilibrée et harmonisée. Chaque entité doit tirer un avantage de la collaboration ;

– s’assurer que les compagnies partenaires ont la même approche de la qualité ;

– identifier les valeurs spécifiques de votre partenaire potentiel et déterminer si elles sont compatibles avec les vôtres.

Par exemple, lorsque The Body Shop a dû trouver des franchisés comme partenaires de distribution, Anita Roddick, la fondatrice de l’entreprise, a mené elle-même les entretiens. Son but était de comprendre le caractère de chaque partenaire potentiel, elle cherchait des citoyens plus intéressés par le fait de changer les pratiques commerciales que par le profit.

Ainsi, l’entreprise peut être très dépendante des distributeurs pour commercialiser ses valeurs, en particulier lorsqu’elle ne communique pas directement avec les consommateurs.

Par exemple, les fabricants de meubles Maria Yee Inc. distribuent leurs produits par l’intermédiaire de détaillants. Comme ils n’ont pas d’interface directe avec les consommateurs, ils s’appuient sur leur réseau de partenaires pour faire passer leurs messages écologiques. Le rôle des détaillants est ainsi de promouvoir non seulement la marque, mais aussi l’utilisation de meubles écologiques.

Les partenaires commerciaux sont parfois considérés par les consommateurs comme étant plus importants que les fabricants.Les revendeurs sont perçus comme étant capables de fournir des solutions, tandis que les fabricants ne vendent que des produits de base vus comme des composants. L’image que les partenaires renvoient est donc primordiale.

En résumé, la gestion des partenariats passe d’abord par la recherche des partenaires de réseaux dont le but, l’identité et les valeurs sont similaires aux vôtres. Ceux-ci doivent être à même de diffuser votre histoire au consommateur de manière convaincante. L’idéal, quand l’entente entre l’entreprise et ses partenaires est un succès, est de tendre vers une fusion entre les deux, pour mieux servir les consommateurs et éliminer tout conflit.

 

Saisissez les opportunités offertes par les marchés en développement et devenez acteur du changement dans les pays émergents

Depuis que la technologie a amené la mondialisation, la plus grande valeur ajoutée ne réside plus dans les marchés développés, mais en développement, où l’adoption des technologies n’a pas encore atteint son potentiel maximum. Sur ces marchés, les problèmes sociaux, économiques et environnementaux sont nombreux et doivent être pris en compte. Sur ces nouveaux territoires, les entreprises devront collaborer avec de nouveaux partenaires. De quelle manière saurez-vous vous impliquer dans ces nouveaux marchés ?

Dans les pays en développement, le plus gros défi du marketing est l’accès aux revenus modestes. Les deux éléments du marketing les plus affectés par ce défi sont la distribution et la communication.

Beaucoup de produits ne sont pas facilement accessibles aux plus démunis, en particulier dans les zones rurales. Réussir à pénétrer ces marchés relève de la distribution socialement responsable.

L’Inde est le pays où la distribution socialement responsable est la mieux représentée. Le pourcentage de personnes vivant dans la pauvreté est passé de 60% en 1981 à 42% en 2005. La raison de ce succès est la volonté de permettre aux plus démunis d’accéder à la consommation. Les entreprises ont élaboré des méthodes de distribution novatrices, utilisant des réseaux humains.

Par exemple, ITC a développé e-Choupal, qui permet aux agriculteurs indiens d’accéder aux informations sur le prix de vente des cultures et de vendre leurs produits directement aux consommateurs, sans intermédiaire.

La vente d’égal à égal est la stratégie la plus couramment appliquée pour la mise sur le marché en Inde, en particulier dans le cas du marché rural.

En Inde, les partenaires commerciaux sont aussi des consommateurs individuels. Ce peut aussi être de petites entreprises ayant une meilleure connaissance locale et un accès aux communautés de consommateurs.

En résumé, les marchés en développement sont un vrai laboratoire de tests pour l’innovation. Les technologies perturbatrices naissent souvent pour solutionner les problèmes d’une société pauvre. L’Inde a ainsi vu de nombreuses avancées avec l’objectif de produire une offre plus abordable pour les plus démunis. Comment vous positionnerez-vous face à ces marchés qui regorgent d’opportunités ?

 

La responsabilité environnementale est devenue une nécessité

Les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par le développement durable. Il va vous falloir leur prouver que votre entreprise s’inscrit dans un modèle respectueux de l’environnement.

Les entreprises ont besoin de relever les défis environnementaux pour préserver les ressources et l’énergie. Aussi, obtenir un approvisionnement durable des ressources naturelles constitue aujourd’hui un énorme avantage concurrentiel. Comment fidéliser ces consommateurs prêts à payer plus cher pour des pratiques durables ?

Aujourd’hui, de plus en plus de consommateurs sont conscients de la nécessité de protéger la planète. Les ressources naturelles se raréfient et ne peuvent soutenir, sur le long terme, une forte croissance de la consommation.

La compétition pour le contrôle des ressources augmente, alors qu’émerge la nécessité de contrôler les ressources naturelles. Sans l’instauration d’un système de gestion équitable des ressources, l’humanité aura besoin de 2,9 planètes en 2050 pour répondre à ses besoins, selon WWF.

Aussi, lorsque Sony a voulu réduire son empreinte environnementale, l’entreprise s’est investie dans quatre domaines d’action :

– la conservation des ressources naturelles ;

– le contrôle de substances chimiques ;

– la promotion de la biodiversité ;

– la lutte contre le changement climatique.

Les entreprises sont de plus en plus conscientes de l’avantage concurrentiel qu’elles peuvent obtenir si elles surfent sur la vague du développement durable.

Par exemple, General Electrics veut montrer qu’elle peut générer des profits en résolvant des problèmes sociaux. C’est pourquoi l’entreprise s’est concentrée sur le développement des panneaux solaires, des éoliennes et sur la recherche en matière de qualité de l’eau.

Le concept de durabilité est positif pour les entreprises. La durabilité :

– attire les consommateurs ;

– améliore la valeur de l’action ;

– attire de bons collaborateurs.

En résumé, pour se positionner sur le long terme, le développement durable doit être la stratégie qui découle de la mission, de la vision et des valeurs de l’entreprise. Les entreprises durables ont tendance à réaliser des performances supérieures aux autres lors des crises financières. Elles résistent mieux et s’adaptent plus facilement aux changements dans l’environnement des affaires. Pourquoi continuer à ignorer tous les profits d’une entreprise responsable de l’environnement ?

 

Votre entreprise peut avoir un réel impact socioculturel sur la société : intéressez-vous aux questions sociales et relevez les défis

Sur les marchés en phase de maturité, un nombre croissant de consommateurs manifeste son intérêt pour des entreprises dont les activités génèrent un impact socioculturel positif. Aux États-Unis, même en période de crise, plus de la moitié des consommateurs attendent que les entreprises relèvent des challenges sociaux. 85% des consommateurs préféreraient les marques socialement responsables, et 70% seraient prêts à payer davantage pour ces marques. Comment profiter des possibilités qui résident dans les préoccupations humanitaires et sociales pour créer de la croissance et de la différenciation ?

Au Royaume-Uni, 93% des consommateurs souhaitent que les entreprises améliorent l’impact social de leurs produits et services. En Belgique, plus de deux consommateurs sur trois déclarent comme critères de choix d’un produit alimentaire :

– la protection de l’environnement ;

– le commerce équitable ;

– le respect des conditions de travail ;

– le bien-être animal.

La Walt Disney Company relève ces défis en utilisant son accès à l’univers enfantin pour vendre des produits de consommation courante. Disney Consumer Product (DCP) cherche ainsi à transformer les habitudes alimentaires des enfants. DCP constitue environ 6% du chiffre d’affaires de la Walt Disney Company et participe à la lutte contre l’obésité.

De même, le projet GreenCook entend faire émerger un nouveau modèle européen d’alimentation durable, saine et équilibrée, dont les impacts sur l’environnement sont réduits et dont la production et la commercialisation s’effectuent dans le respect des règles sociales et éthiques.

Une entreprise doit pouvoir établir les défis qu’elle souhaite relever.Voici quelques-unes des thématiques les plus populaires :

– le bien-être ;

– l’éducation ;

– l’équité sociale ;

– la vie privée.

L’objectif final de l’entreprise consiste à proposer des solutions de transformation. Les entreprises sont censées résoudre les problèmes sociaux en :

– créant des emplois ;

– développant des innovations de rupture ;

– fabriquant des produits ou services qui répondent aux problèmes posés.

Par exemple, Office Depot encourage la création d’emplois en utilisant comme fournisseurs des petites entreprises ou des plateformes d’échanges. Proposer des emplois aux groupes minoritaires est ainsi devenu l’un de ses principaux éléments de différenciation. Grâce à son initiative, des emplois locaux ont été créés et cela a permis la lutte contre la délocalisation.

En résumé, le grand public attend des entreprises qu’elles agissent comme un moteur du développement socioculturel, et non comme un instrument utilisé à des fins lucratives. L’entreprise doit relever les défis sociaux en cohérence avec son image. Le marketing 3.0 est un marketing qui s’inscrit dans une transformation de la société. Quels défis allez-vous relever ?

 

Choisissez de vous concentrer sur le marché des plus démunis pour créer de nouvelles opportunités

Éradiquer la pauvreté est sans doute le plus grand défi de l’humanité. Le nombre de consommateurs pauvres s’élargit de plus en plus. Les plus démunis et les revenus modestes sont l’occasion de nouveaux marchés. Mais si vous souhaitez cibler les consommateurs modestes, il vous faudra proposer des solutions capables de surmonter les obstacles à la consommation dont ils font l’objet. Vous investirez-vous pour ceux qui en ont le plus besoin ?

Un certain nombre de stéréotypes persistent au sein des groupes sociaux modestes. Souvent, cela provient à la fois de leur éducation et d’une certaine pression commerciale et publicitaire. Les consommateurs à revenus modestes ont en effet tendance à surconsommer et à ignorer les étiquettes et les labels.

Mieux éduqués, plus impliqués dans les achats, les nouveaux consommateurs reproduiront moins de comportements stéréotypés. Pour cela, l’entreprise doit communiquer directement sur les conséquences de l’achat de ses produits ou services.

Tout en bas de la pyramide économique, des innovations de rupture sont nécessaires pour relever les défis sociaux imposés par une croissance économique déséquilibrée. Cela consistera par exemple à proposer des produits à bas prix, simplifiés et plus pratiques.

Toutefois, pour que l’innovation de rupture réduise vraiment la pauvreté, elle devra respecter quatre obligations :

– être suffisamment importante pour atteindre les milliards de personnes qui se situent sous le seuil de pauvreté ;

– être durable et de dernière génération ;

– être véritablement utile et faire la différence ;

– se réaliser de manière efficace.

C’est ce que l’économiste et entrepreneur bangladais Muhammad Yunus appelle “entreprise économique sociale” (EES), une entreprise qui gagne de l’argent tout en ayant un impact sur la société.

Une EES a une mission et un objectif social. L’objectif social doit demeurer son principal objectif d’affaires et se refléter clairement dans ses pratiques.

Par exemple, en Inde, l’entreprise d’énergie solaire Selco propose des panneaux photovoltaïques à bas prix. Elle utilise les banques pour financer les installations chez des consommateurs à faibles revenus.

Il existe trois manières de renforcer la base économique d’une société :

– fournir des biens et des services à des prix inférieurs ;

– livrer des biens et services qui n’étaient pas disponibles auparavant pour les consommateurs au bas de la pyramide ;

– accroître l’activité économique de la communauté par l’apport de nouveaux produits.

En résumé, une EES a une finalité sociale, mais espère également faire des affaires. Les EES promettent de soutenir les plus démunis en leur offrant des opportunités de revenus, et ce, grâce à un marketing adapté. Leur offre de produits et de services est plus abordable et plus accessible aux plus modestes. Le marché des plus démunis offre de nombreuses possibilités de croissance aux entreprises. Êtes-vous prêt à devenir à votre tour une entreprise économique sociale ?

 

Conclusion

La génération actuelle de consommateurs est plus à l’écoute des préoccupations sociales. Les entreprises doivent se métamorphoser pour naviguer vers le nouveau monde du marketing 3.0. Donnez du sens à vos produits et services, en vous projetant dans les valeurs du développement durable et en améliorant votre activité principale, dans la cohérence des valeurs recherchées par la communauté. Saurez-vous être à l’écoute de vos consommateurs et devenir ce qu’ils attendent de vous ? Saurez-vous devenir une entreprise responsable, centrée sur l’humain et qui a un impact sur les communautés auxquelles elle s’adresse ?

Cet article reprend un résumé du livre Marketing 3.0 co-écrit par Philip Kotler, Hermawan Kartajaya, Iwan Setiawan et Marc Vandercammen. Trouvé sur le site Kober.